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Exxit

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photo: Jactalea

Au matin d'un long rêve, le grand Shiva entreprit la création du monde. Il convoqua deux forces primordiales, rivales et paradoxalement attirées l'une par l'autre, créant le monde hors du néant par leurs étranges danses magnétiques. Exxit est un jeu abstrait, poétique et intelligent.

Un jeu de Vincent Everaert,
édité par Jactalea (2007)

Cote cœur joueurs:postez un avis
Joueurs:2
Âge:à partir de 8 ans
Durée:Court (<30 min)
Public:un ado (12-16 ans)
un adulte (16 ans et +)
 
Type:Jeu de placement et de connexion
Thèmes:Abstrait
 
Complexité:    
Réflexion:   très concentré
Stratégie:   stratégique
Interactivité:   très interactif
Convivialité: très calme  
Contrôle:   grand contrôle
Thème: très abstrait  
Graphisme:    
Matériel:   bon matériel
 
Top Jeux de société pour un ado (12-16 ans)
Top Jeux de société pour un adulte (16 ans et +)
Top Jeux de société pour 2 joueurs
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Galerie photo


La surface de jeu en cours de partie. Les joueurs créent l'univers hors du néant: un joueur incarne la force "rouge" et l'autre la "noire".

L'avis de NIM

Quelle curieuse présentation que ce jeu en caoutchouc rouge et noir. Peu engagé par le matériel, il fallait une raison sérieuse pour que ce jeu me séduise. Et cette raison, je l'ai trouvée, qui justifie le coup de cœur que j'ai attribué à Exxit. Voyons pourquoi.

Exxit est un jeu totalement abstrait pour deux joueurs, à la manière d'un jeu de Dames ou d'Echecs, ou encore un de ces bijoux que nous a créé Kris Burm (GIPF, DVONN, YINSH, ZÈRTZ, PÜNCT...). Ses spécificités apparentes: le choix du rouge et noir, plutôt que le traditionnel noir et blanc, lui donne un look chaleureux et un peu chic, et les pièces de formes hexagonales s'encastrent pour créer progressivement une surface de jeu sans plateau, à la manière du jeu Hive.

Pour apporter une note de poésie à Exxit, l'auteur présente cette surface de jeu en expansion comme la création de l'univers hors du néant. Les pions rouges et le noirs incarnent des forces rivales de l'univers. Paradoxalement, ces forces ne peuvent vivre et s'épanouir qu'à travers leur coexistence et par conséquent, leur rivalité assure la cohésion-même de l'univers. Ces forces, l'auteur vous laisse la liberté d'en imaginer le sens: on pense inévitablement au Ying et au Yang, le bien et le mal, la lumière et l'obscurité, la matière et l'antimatière etc.

Sur les cases hexagonales de l'univers, tantôt rouges ou noires selon la force qui les a générées, les joueurs posent les pions de force et les font "danser". La "danse", c'est le mouvement qui résulte de l'attirance d'une pile d'un ou plusieurs pions envers une autre. La pile de pion ainsi attirée s'étale pion par pion, case par case, en direction de son attracteur. En s'étalant, les pions peuvent générer ou agrandir d'autres piles de pions dans l'univers, et éventuellement se répandre dans le néant. Les nouvelles piles de pions peuvent générer de nouvelles "danses" en cascade, tandis que les pions tombés dans le néant offrent l'opportunité d'étendre l'univers.

Au début de la partie, on se sent fortement canalisé par ces danses incessantes, on se demande même s'il est possible de les contrôler. Mais très vite, les possibilités s'ouvrent, on s'aperçoit alors qu'il est possible de gérer habilement la pose des pions et piloter les danses pour amener les pions où bon vous semble. Pas de difficulté pour les danses simples qui, en un ou deux coups, basculent une force adverse dans le néant. Par contre, il est plus difficile de maîtriser le plus long terme.

On s'aperçoit vite que l'introduction poétique du jeu est loin d'être superficielle. L'univers ne vit effectivement que par la coexistence équilibrée des forces. Plus vous pilotez votre adversaires en l'emmenant dans des danses successives, plus vous y laissez vos propres pions sur l'univers, qui vous rendent vulnérable lors de la contre-offensive. Ainsi, le jeu fonctionne-t-il en balancier: vous menez la danse en plaçant vos pions sur l'univers et en empilant et éjectant les pions adverses, puis votre adversaire reprend le contrôle et fait danser vos pions et ainsi de suite. L'horizon stratégique du jeu ne vas généralement pas plus loin qu'un aller-retour de balancier. C'est donc surtout tactiquement, une différence d'une capture, ou une opportunité de générer une meilleure cohésion de vos forces, qui permettent de creuser l'écart.

C'est beau, c'est original, c'est poétique. Exactement tous les superlatifs que l'on a apprécié dans les jeux du projet GIPF de Kris Burm. Je reste sceptique de cette présentation en caoutchouc, qui n'inspire pas forcément le luxe mais se paie plus chez qu'un carton épais à la Taluva, mais c'est certainement une question d'appréciation personnelle. Mais peu importe le flacon tant qu'on a l'ivresse, j'ai adoré Exxit, et je vous conseille chaleureusement de le découvrir également.

Les raisons d'aimer

  • Les couleurs chaleureuses, et certains adorent la texture caoutchoutée des pièces.
  • La poésie et la fluidité.
  • Le côté semi-stratégique de la partie "en balancier".

On pourra reprocher

  • La texture caoutchoutée des pièces suscite des avis partagés.

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